|

De gauche à droite, Nagy
Khoury, Donald Eddé, Christian Rizk, Nada Sara, Gabriel Sara, Bud
Zéhil, père Jean Dalmais, Vincent Battle, Ronald Kfoury, Nadine Kfoury,
Michel Eddé, Nagi Bustros et Sylviane Zehil.
NEW YORK, de Sylviane
ZEHIL
La joie et l’émotion illuminaient
tous les visages pour les retrouvailles des « Anciens élèves de la
diaspora jamhourienne », à New York, au prestigieux Hôtel Helmsley Park
Lane. Était présente la fine fleur des anciens élèves du Collège
Notre-Dame de Jamhour, devenus brillants banquiers, économistes,
financiers, tycoons, chefs d’entreprise, dirigeants de multinationales,
professeurs d’université, ingénieurs, médecins, chercheurs, avocats,
ministres, mais tout aussi bien bons pères de famille. Conscients de la
richesse et de la singularité de l’éducation qu’ils ont reçue à Jamhour,
ces Libanais de la diaspora se disent prêts à offrir à la nouvelle
génération leur arme du succès, l’éducation, à travers l’action « Parrains
pour Jamhour ». Ce grand événement a attiré une centaine de personnes
venues des États-Unis, du Canada, de France et du Liban, accompagnées de
leurs conjoints, enfants et « supporters ». L’ancien ministre Michel Eddé
(promo 45), président de l’Amicale des anciens de Jamhour au Liban,
l’ambassadeur Vincent Battle, ancien élève du collège jésuite
Saint-François-Xavier, le consul général du Liban à New York, Antoine
Azzam, le père Jean Dalmais, le secrétaire de l’Amicale, Nagy Khoury, le
père Maroun Tabet et Donald Eddé ont répondu présents. Ne pouvant y
assister, le recteur du collège, le père Sélim Daccache, a envoyé un mot
d’amitié et de soutien. Les idées dégagées lors des deux dernières
rencontres (2002-2003) ont été concrétisées en mai dernier, par la
constitution de « Jamhour Alumni US.Inc », une organisation à but non
lucratif, enregistrée dans l’État de New York et dont l’objectif est
d’aider le collège dans sa mission éducative. Sa mission, entre autres,
consiste à organiser et diriger des événements de collecte de fonds qui
serviront à financer les frais scolaires des écoliers appartenant à des
familles nécessiteuses mais souhaitant donner une éducation dans la
tradition jésuite, et aussi à offrir une partie du budget des opérations
au collège, des chaires d’enseignement, à aider aux fonds de retraite des
professeurs, et à contribuer aux initiatives sportives et
éducationnelles. Cette institution a vu le jour grâce à la
collaboration étroite et dynamique de ses membres fondateurs et de leurs
épouses (Nada Sara et Nadine Kfoury), et aussi au précieux apport et
soutien technique de Bud Zéhil qui, sans être ancien de Jamhour, s’est
totalement investi dans la démarche, en contribuant à la création et à la
formation de cette organisation charitable. Le nouveau conseil exécutif
comprend Nagi Bustros (promo 65), président, Gabriel Sara (promo 72),
secrétaire général, et Ronald Kfoury (promo 79), trésorier. Ce dernier,
formant l’équipe technique avec Christian Rizk et l’aide avisée de Nadine
Kfoury, a créé en septembre le nouveau site web www.jamhour.US. Outil de
référence d’information et de photographies de la communauté jamhourienne
américaine, ce site est devenu aussi un lieu de rencontre pour
tous.
Trente enfants seront scolarisés cette
année Soucieux d’offrir l’accès à l’éducation pour tous les élèves
du Collège Notre-Dame de Jamhour, indépendamment de leur niveau économique
et social, le conseil de « Jamhour Alumni US, Inc » s’est assigné, cette
année, l’objectif de soutenir la scolarisation de trente enfants doués
dont les parents n’ont plus les moyens de financer les études. Ces cas
dramatiques ont été sélectionnés par le père Sélim Daccache dans le cadre
de l’action « Parrains pour Jamhour ». Bien orchestrés, documentés et
ciblés, les appels à l’aide présentés par Gabriel Sara ont ému
l’assistance provoquant un élan incomparable de générosité. Et l’objectif
a même été dépassé !
Eddé : « Un Liban optimiste est un
message » Les « anciens de la diaspora jamhourienne » étaient
brusquement redevenus des chérubins au contact du père Dalmais. Comme
autrefois, il a fait une prière avant d’entonner, tous en chœur, dans un
moment de grande émotion, L’ombre s’étend sur la terre, un chant du soir,
chargé de grandes réminiscences. Dans son allocution de bienvenue, Nagi
Bustros a appelé à « construire le Liban par l’édifice vivant des jeunes
». « Les jeunes du Liban ont le droit de réussir, le collège a le droit de
les former, et nous avons le droit de les aider », a-t-il dit. De son
côté, Gabriel Sara, encore marqué par l’attentat contre l’ancien ministre
Marwan Hamadé, a projeté sur l’écran la photo publiée, ce jour-là, par
L’Orient-Le Jour. « Le Liban passe par une crise politique et sociale. Son
identité est remise en question. Nous pouvons nous battre pour notre pays
en maintenant la culture, l’éducation des générations futures. C’est cette
éducation qui a permis aux Libanais à l’étranger de briller dans tous les
domaines. Notre objectif est de permettre à ces jeunes élèves d’avoir la
meilleure éducation possible et de les aider financièrement dans leur
scolarité », a-t-il plaidé. Prenant la parole à son tour, l’ancien
ministre Michel Eddé a souligné que le « Liban optimiste est un message »,
que les Libanais « sont attachés à la liberté, à la démocratie et à la
justice », et que « la démocratie est le droit à la différence
». L’ambassadeur Vincent Battle, grand admirateur de notre pays
puisqu’il a décidé de s’y établir, a souligné les relations d’amitié et la
« soft diplomacy » qui lient le Liban aux États-Unis depuis plus de cent
ans. Quant à Donald Eddé, venu de Montréal pour adresser un message
d’encouragement, il a souligné avec émotion avoir passé les plus belles
années de sa vie dans cette communauté comme dans une famille. « Cette
communauté ne doit pas se limiter uniquement aux jamhouriens, mais doit
s’ouvrir aux autres », a-t-il ajouté. Le mot de la fin devait revenir à
Nagy Khoury : « Après Paris, Genève, Montréal, voici donc Jamhour Alumni
US pour les anciens de Jamhour aux États-Unis. En attendant Jamhour à
Londres, Dubaï et dans toute ville ou pays où nous comptons 25 anciens et
plus. L’objectif est double : constituer une véritable communauté
jamhourienne et libanaise, solidaire, intelligente, productive et efficace
dans un pays de rayonnement ; ensuite, soutenir l’enseignement au Liban,
surtout l’enseignement catholique, qui fait la spécificité de notre pays,
et l’enseignement à Jamhour qui fait notre fierté. » Soucieux de la
réalité libanaise, de ses souffrances et de ses espoirs, le Collège
Notre-Dame de Jamhour s’est depuis longtemps engagé dans une tradition de
soutien et de parrainage d’élèves, ouvert à toutes les classes de la
société libanaise, pour continuer à assurer le service éducatif auquel
tous les élèves ont droit. C’est le sourire aux lèvres et satisfaits que
les anciens de Jamhour sont repartis vers leur destinée, se promettant de
faire encore mieux en octobre de l’année prochaine. |